BIO
“Olivier Schneider est un artiste, chercheur et spécialiste du thé dont le travail se développe à la frontière entre art contemporain, paysage culturel et pratiques du vivant.”
Formé aux arts appliqués à Strasbourg puis diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Marseille, il s’intéresse dès ses débuts aux dispositifs capables de déplacer les cadres de la perception. À l’aube des années 2000, sous le pseudonyme BlueScreen, il compte parmi les pionniers du net art et explore les potentiels immersifs de la lumière, du son et des rapports que le code informatique entretient avec le vivant. Son travail est présenté en Europe, en Amérique et en Asie sous forme de performances, d’installations et de dispositifs immersifs.
Au milieu des années 2000, il s’installe dans le sud de la Chine, au Yunnan. Il choisit alors de faire une pause dans la production d’œuvres pour se consacrer à un long travail d’immersion et de recherche au sein des cultures du thé des montagnes d’Asie du Sud-Est. Pendant près de deux décennies, il partage le quotidien de producteurs de thé dans les montagnes du Yunnan, du Laos, du Vietnam, de Birmanie et de Thaïlande, privilégiant l’écoute, l’observation et l’apprentissage à la production artistique.
De cette période de retrait volontaire découle une approche singulière, à la croisée de l’enquête historique, de l’observation ethnographique et de l’expérimentation sensorielle. Les recherches qu’il entreprend portent notamment sur l’histoire plurielle du thé au-delà des récits dominants, les notions de terroir et de paysage culturel, ainsi que sur les mécanismes biologiques, chimiques et culturels qui façonnent la perception.
Au fil des années, il devient l’une des voix de référence sur les thés puerh et les traditions du thé du Triangle d’Or. Il transmet aujourd’hui ces connaissances à travers des formations, des conférences, des publications et des collaborations internationales, tout en poursuivant la rédaction d’un ouvrage consacré à ces recherches.
Parallèlement, il met cette expertise au service de maisons de thé indépendantes, qu’il accompagne dans leurs projets de sélection et de sourcing en leur donnant accès à des producteurs, des terroirs et des thés rarement accessibles par les circuits conventionnels.
Ces dernières années, Olivier Schneider renoue avec la création d’œuvres, réinscrivant cette longue immersion dans une pratique artistique renouvelée. La feuille de thé y devient à la fois matière d’expérimentation, médium artistique et partenaire de création. Son travail explore les relations entre monde végétal, geste, temporalité, perception et mémoire, ainsi que la manière dont le thé, de la feuille au geste de partage, peut produire, transmettre ou modifier l’expérience sensible.
Olivier Schneider vit désormais à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. Il y possède un jardin de théiers centenaires et un studio qui constituent ensemble le principal territoire de son travail, un espace en constante évolution où se rencontrent pratiques du vivant, expérimentation et création.